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Depuis le dernier suicide d'un salarié de France Télécom, survenu lundi, le patron du groupe, Didier Lombard, semble sur la sellette. Alors que la gauche (PS, PCF et NPA) appellent à la démission, le ministre de l'Industrie Christian Estrosi estime que la direction de France Télécom est "sans doute un peu comptable de ce qui se passe". Selon lui, une modernisation d'une entreprise à marche forcée sans tenir compte de la dimension humaine cela peut avoir des conséquences, nous le voyons à France Télécom". "A l'intérieur même de l'entreprise, il y a des responsabilités", a-t-il ajouté sans préciser lesquelles. Deux jours plus tôt, le président des députés UMP Jean-François Copé disait ne pas être habilité à réclamer sa tête mais juge "très troublantes" les règles de mobilité chez France Télécom.
C'est donc dans ce contexte de plus en plus trouble que la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a souhaité recevoir Didier Lombard pour connaître son plan d'actions. A son issue, un communiqué du ministère indique que Christine Lagarde "a renouvelé à Didier Lombard sa pleine et entière confiance pour faire traverser à l'entreprise cette période difficile et douloureuse" tou ten soulignant au préalable que "l'enjeu était celui d'une mobilisation totale de l'entreprise autour de ce plan d'action".
Ce plan d'actions repose sur trois axes, déjà évoqués il y a deux semaines lors de la réunion de Didier Lombard avec le ministre du Travail Didier Darcos mais renforcés depuis le suicide lundi dernier d'un autre salarié, le 24e en dix-huit mois.
Outre la cellule d'accueil téléphonique et le renforcement de l'équipe de psychologues mis à la disposition des salariés et de leurs proches pour prévenir tout nouveau passage à l'acte, il est prévu que démarrent dès ce jeudi les Assises de la refondation de France Télécom.
Didier Lombard a expliqué que ce processus annoncé le 15 septembre dernier est collectif et qu'il devra permettre l'élaboration d'un nouveau contrat social chez France Télécom. Y seront étroitemenet associés les organisations syndicales et les instances représentatives du personnel. S'agissant des familles récemment endeuillées, un dispositif de soutien psychologique et matériel complet sera à leur disposition.
Pendant ce temps, les organisations syndicales ne relâchent pas la pression. Elles ont appelé ce jeudi à des débrayages à 15 heures, au moment où sera inhumé l'homme de 51 ans qui a mis fin à ses jours lundi en Haute-Savoie. Dans un communiqué publié en début d'après-midi, elles appellent même, d'une seule voix, "le personnel à agir sous toutes les formes y compris par la grève" les 6 et 7 octobre prochains. Il s'agit des jours pendant lesquels sont prévues la prochaine réunion nationale sur le stress chez France Télécom et la journée nationale interprofessionnelle pour le travail décent. Des préavis nationaux ont d'ores et déjà été posés.
Quant à la commission d'enquête parlementaire réclamée par le PS et le PCF, Patrick Ollier, président UMP de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, est "tout à fait contre". Elle "aurait des conséquences désastreuses et serait l'occasion de déstabiliser l'entreprise dont la survie serait en jeu", a-t-il ajouté. "On sait ce qu'il faut faire par rapport aux enquêtes internes. Il y a eu des excès dans l'organisation du travail, il faut revoir les méthodes de travail, il n'y a pas besoin d'une commission d'enquête".