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Olivier travaille aujourd’hui au service approvisionnement-logistique. Pendant trois ans, il a travaillé dans un centre d’appel : « Les objectifs sont délirants, on nous demande de prendre 70, 80 appels dans la journée. Et les salariés qui se retrouvent là viennent de partout : on avait des mécaniciens, des plongeurs, des télégraphistes… J’ai fait de la résistance. J’ai rejeté délibérément les objectifs qu’on m’imposait. Au bout de quelques années, ils m’ont muté ailleurs. Si j’étais resté là-bas, je me serais peut-être moi aussi jeté d’une fenêtre. »
Jacques, 49 ans, trente ans de maison, a été mis à pied après avoir fait une déclaration de harcèlement. Il raconte son calvaire : « On m’a collé une expertise psychiatrique, pour me faire passer pour fou, mais ils n’ont rien trouvé. J’ai subi des interrogatoires forcés, on m’a infligé des humiliations devant les collègues, mais personne n’a rien fait. Les enquêteurs pour ces problèmes sont payés par l’entreprise, alors évidemment, ils ne signalent pas grand-chose. »
Tout le monde s’accorde à dire que le départ de Louis-Pierre Wenes ne changera rien : pour Freddy Bruneel, délégué syndical SUD, son départ n’est qu’un effet d’annonce.
« Les restructurations, les méthodes de management, ça fait des années que ça dure. Ils sont tous responsables. Un départ n’enlève rien à la responsabilité de l’ensemble de l’équipe. » Quelqu’un d’autre ajoute : « Les prédateurs sont encore dans l’entreprise, ce sont eux le réel danger pour les salariés. »
La plupart des personnes présentes n’ont pas beaucoup d’espoir pour l’avenir. « Les mesures annoncées, c’est surtout pour calmer le jeu, mais l’année prochaine, ça recommencera comme avant », entend-on souvent.
http://www.francesoir.fr/societe/2009/10/07/france-telecom.html