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Usurpation d'identité. 210.000 victimes chaque année

Près de 213.000 cas d'usurpation d'identité avérés sont enregistrés chaque année en France, d'après une étude publiée mardi par le CREDOC. Comptes débités, emprunts indûment contractés, prestations sociales détournées: les escroqueries liées au vol de données personnelles coûteraient en moyenne près de 2.229 euros à chaque victime, soit un total de 474 millions d'euros.

L'enquête a été réalisée par le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (CREDOC) pour Fellowes, une entreprise qui produit notamment des machines de destruction de documents.

Selon les calculs du CREDOC, 212.762 personnes sont victimes d'usurpation d'identité en France chaque année, phénomène qui serait ainsi plus fréquent que les cambriolages au domicile principal (153.000 environ). Sur 2.007 personnes interrogées, 4,2% ont déclaré avoir été victimes d'une usurpation d'identité au cours des dix dernières années.

Dans plus de la moitié des cas, les usurpateurs débitent le compte bancaire (51,9% sur 300 personnes victimes d'une usurpation). Autre escroquerie fréquente, ils contractent un ou plusieurs emprunts au nom de leur victime (21,7%) ou bénéficient de prestations sociales à leur place (11,1%). Mais ils peuvent aussi causer des infractions au code de la route (16,9%), prendre un emploi (1,7%) ou même réaliser un mariage (1,7%) en se faisant passer pour leur victime.

La grande majorité des personnes visées découvrent qu'on leur a volé leur identité en vérifiant leur relevé bancaire (41,4%), en recevant des factures ou procès-verbaux indus (18,7%).

Le coût d'une usurpation atteint en moyenne 2.228,7 euros, entre le montant des détournements (1.520,4 euros), les démarches administratives et judiciaires (564,5 euros) et les coûts supplémentaires comme les frais médicaux ou postaux (142,8 euros). Sur ce total, le montant des remboursements atteint 661,8 euros en moyenne, 1.566,9 euros restant à la charge de la victime.

Les conséquences sont généralement lourdes pour les victimes, qui dans plus d'un tiers des cas, 35%, déclarent avoir dû prouver leur identité. Des conséquences financières d'abord: sur 300 victimes, 59,9% disent avoir perdu de l'argent, 15,2% être frappées d'un interdit bancaire, et 12,1% ne pas pouvoir contracter un emprunt.

Mais il y a aussi des conséquences judiciaires parfois, 13,4% déclarent avoir été assignées en justice, et 1,5% disent avoir même fait de la prison. Certaines victimes y ont aussi laissé leur santé, 9,9% tombant gravement malades (stress, angoisse ou dépression).

D'une manière générale, les victimes décrivent une expérience éprouvante: 34,8% disent avoir eu peur, beaucoup se sont senties impuissantes face aux démarches nécessaires (31,2%) ou incomprises par le système policier et judiciaire (25,1%). Ainsi, 18,9% des victimes disent avoir été traumatisées.

Dans près de la moitié des cas (45,4%), les victimes ignorent comment les usurpateurs ont réussi à se procurer leurs données personnelles. Une grande majorité des autres (17,6%) se sont fait voler leur sac ou leur portefeuille, dérober du courrier dans leur boîte aux lettres (8,7%) ou cambrioler (3,9%). Et 24,6% pensent que les auteurs ont réussi à pirater l'ordinateur de l'un des membres du foyer.

D'une façon générale, près de neuf Français sur dix estiment faire ce qui est nécessaire dans l'ensemble pour protéger leurs données personnelles. Pourtant, une première étude réalisée en juillet 2008 par le CREDOC avait montré que chez 32% des ménages franciliens, les poubelles contenaient au moins un document personnel, dont 79% avec adresses.

L'enquête a été réalisée en trois phases. D'abord des entretiens en face à face (échantillons de 1.005 personnes et 1.002 personnes représentatives de la population française âgée de 15 ans et plus, constitués selon la méthode des quotas) puis une enquête par Internet auprès de 300 personnes représentatives des individus ayant subi une usurpation. AP

http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/societe/20091006.FAP6911/pres_de_213.000_cas_dusurpation_didentite_en_france_cha.html

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