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L'ex-directeur de l'usine, Serge Biechlin, contre lequel trois ans de prison avec sursis et 45 000 euros d'amende avaient été requis, et la filiale de Total Grande Paroisse, propriétaire d'AZF, ont ainsi été relaxés au bénéfice du doute. Le tribunal a toutefois dénoncé des «fautes organisationnelles» au sein de l'usine. «Le tribunal ne peut envisager de raisonner par défaut, car sur le plan pénal il faut démontrer une faute commise et le lien de causalité certain avec les dommages, a expliqué le président du tribunal, Thomas Le Monnyer. La loi ne prévoit pas la présomption.»
Une association de sinistrés : «On met du Tabasco sur les plaies»
«Le dommage est patent, les fautes sont toutes en lien avec le croisement de deux produits incompatibles, le DCCNa (une substance chlorée) et le nitrate d'ammonium qui a explosé, mais il manque le dernier maillon, la preuve de la présence de DCCNa dans la benne déversée sur le tas de nitrates une demi-heure avant l'explosion», a détaillé le président. Selon lui, «une franche collaboration de Grande Paroisse et de sa commission d'enquête interne auraient permis l'analyse de la benne et aurait rendu inutile l'intervention d'institutions judiciaires».
La décision a été accueillie par des applaudissements du côté des anciens salariés, proches de la défense. «C'est honteux», ont estimé des parties civiles. «Pour le tribunal, ce qui compte ce n'est pas la vérité mais la preuve de la vérité. On met du Tabasco sur les plaies», a réagi Frédéric Arrou, président d'une association de sinistrés.
Total et son ex-PDG avaient été mis hors de cause
Un peu plus tôt, le géant pétrolier français Total et son PDG de l'époque, Thierry Desmarest, avaient été mis hors de cause. «Le magistrat instructeur a estimé qu'il n'y avait pas lieu de (les) renvoyer devant le tribunal» pour des raisons de procédure malgré les demandes de certaines parties civiles, avait déclaré le président Thomas Le Monnyer. Tous deux n'avaient jamais été mis en examen durant l'instruction. Dès lors, le tribunal a décidé qu'ils «seront purement et simplement mis hors de cause».
Le parquet a dix jours pour faire appel.
http://www.leparisien.fr/faits-divers/proces-azf-relaxe-generale-au-benefice-du-doute-19-11-2009-717297.php