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Mais cette image d'une salle à l'unisson derrière son chef de file a été un peu écornée au cours du congrès, toute la semaine, à Nantes. Des oppositions ont traversé les débats. Trop « molle » la CGT, trop portée sur le consensus, ont dénoncé certains. Ça a grogné au micro, que certains ont monopolisé. Ça a parfois sifflé dans les rangs. Parmi les délégués remontés, il y avait les amis de Delannoy, l'ennemi de Bernard Thibault. Mais pas seulement.
Les retraites, dont la réforme sera rediscutée au printemps, ont donné lieu à de vifs échanges. Discussions animées, aussi, sur les nouvelles règles de représentativité des syndicats, qui fragilisent les plus petits.
Fâcheries, également, sur un syndicalisme « rassemblé » (l'intersyndicale), hautement réaffirmé dans le document d'orientation, mais qui irrite les tenants de la ligne dure de la CGT. À tel point que Bernard Thibault a dû annuler la venue au congrès de « François » (Chérèque), son alter ego de la CFDT, de peur de mettre de l'huile sur le feu.
Beaucoup d'amendements
Preuve que ça toussait dans les rangs, « jamais à la CGT, un document d'orientation, élaboré en amont, n'a été aussi remanié durant un congrès », analysait Josette Lefèvre, sociolinguiste au CNRS, qui suit les congrès de la CGT depuis 1978. Il n'empêche : chaque vote a emporté de très larges majorités, entre 70 et 80 %. Et la journée de jeudi fut plus apaisée.
Malgré des craintes ¯ encore ¯ de voir les unions locales ou départementales perdre de leur poids, le congrès est tombé d'accord sur l'urgence de modifier ses structures pour s'adapter à un salariat en mutation, plus éclaté, plus éparpillé. Par exemple, en créant des syndicats de sites. « On envisage d'en créer un sur la zone aéroportuaire de Nantes : il y a Airbus, Tipiak et d'autres entreprises plus petites, expliquait le Nantais Miguel Salles. Ça nous permettra d'être plus efficaces ».
Symbole, aussi, de cette volonté de mouvement, même si, ici et là encore, ça tique : la moitié de la commission exécutive, vraie « instance dirigeante », a été renouvelée. Et le bureau confédéral resserré.
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