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Dunkerque : Totale ferme la raffinerie, les salariés en colère

La direction de Total a confirmé, lundi lors d'un comité central d'entreprise, l'arrêt des activités de raffinage à Dunkerque (Nord). Le groupe promet de reclasser tous les salariés de la raffinerie, dont plus des deux tiers localement, via la création de deux centres -l'un de formation, l'autre technique-, la reconversion du site en dépôt pétrolier et l'exploitation avec EDF d'un terminal méthanier dont la mise en service est prévue en 2014.

Cette raffinerie, située à Mardyck, tout près de Dunkerque, compte 370 salariés, selon la direction, près de 800 en comptant les sous-traitants, selon les syndicats. C'est la seule, sur les six du groupe Total en France, concernée par une telle reconversion.

L'annonce a été accueillie avec colère par quelque 300 salariés présents devant le siège de Total à La Défense (Hauts-de-Seine) qui exigent depuis plusieurs mois le redémarrage de la raffinerie. Plusieurs dizaines d'entre eux ont brisé des vitres et envahit le hall de la tour Total avant d'en être chassés à coups de gaz lacrymogène par les gendarmes mobiles.

Une assemblée générale est prévue à la raffinerie mardi, tandis que la CGT réunira l'ensemble de ses syndicats du pétrole au siège de la confédération à Montreuil (Seine-Saint-Denis) le même jour. Une intersyndicale pour l'ensemble du groupe Total devrait avoir lieu mercredi, selon les syndicats.

Ces derniers ont déjà décidé de porter la situation de la raffinerie des Flandres en justice. Deux référés devraient être déposés, selon la CGT, l'un pour obtenir le redémarrage de l'activité, l'autre pour "délit d'entrave", la direction ayant mis le site à l'arrêt depuis septembre 2009 avant de réunir le CE.

Le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a dit dans un communiqué considérer le projet présenté par Total comme "une base de départ pour le maintien de l'emploi et du site industriel". Il a toutefois demandé à la direction de "formuler rapidement des propositions complémentaires précises", notamment pour la situation des emplois sous-traitants.

Le PS dénonce pour sa part un "projet inacceptable", estimant que Total est "loin de proposer un véritable projet de substitution pour le site de Dunkerque". "Que vont devenir les entreprises sous-traitantes?", s'interroge le parti à la rose dans un communiqué.

Lors du CCE lundi matin, la direction a confirmé la création d'un "centre d'assistance technique aux opérations de raffinage", qui emploiera 180 personnes.

Un "centre de formation aux métiers techniques du raffinage" va être également créé avec, à la clé, 25 postes. Par ailleurs, la raffinerie elle-même va être transformée en dépôt logistique qui emploiera 15 personnes. "Vingt emplois seraient également à pourvoir dans les fonctions administratives de gestion de l'établissement", a précisé la direction dans un communiqué.

Le groupe Total a d'autre part confirmé sa participation, au côté d'EDF, à un projet de terminal méthanier qui serait mis en service en 2014. Selon la direction, le projet mobiliserait "jusqu'à 1.200 personnes pendant la construction". Une fois exploité, ce terminal permettrait d'employer une cinquantaine de personnes, des postes "auxquels devraient s'ajouter quelque 150 emplois indirects", assure Total.

Il n'y aura "aucun licenciement" et un "emploi chez Total est garanti à chaque salarié concerné", a assuré la direction dans son communiqué.

Elle a également confirmé son engagement, pris lors de la grève illimitée qui avait touché les six raffineries du groupe durant une semaine en février, de "ne procéder à aucune fermeture, ni cession de ses raffineries françaises au cours des cinq prochaines années, au-delà de l'évolution de l'établissement des Flandres".

"Une école de formation, ce n'est pas un projet industriel, pas plus qu'un terminal méthanier qui emploiera 50 personnes", a déclaré le délégué du syndicat Sud-Chimie de la raffinerie des Flandres, Philippe Wullens.

"On veut le redémarrage du site. On a l'impression d'être mené en bateau. Ce qu'on veut c'est travailler, raffiner", a déclaré Rémi, 28 ans, salarié à la raffinerie des Flandres depuis neuf ans, et venu manifester à La Défense, lundi.

Quant à un reclassement dans une autre raffinerie du groupe, "si c'est pour qu'elle ferme dans cinq ans", a-t-il dit, avant d'ajouter: "ma vie, je l'ai construite à Dunkerque. On vient d'acheter une maison, et un bébé arrive dans deux mois".


http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/social/20100308.FAP2855/total_la_direction_confirme_larret_du_raffinage_a_dunke.html

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