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La grève observée depuis mercredi soir par les travailleurs du secteur pétrolier au Gabon affectait jeudi "50% de la production et 100% de la distribution" à travers le pays, a affirmé leur syndicat, l'Organisation nationale des employés du pétrole (Onep).
La grève "se passe comme nous l'avions planifiée: 50% de la production et 100% de la distribution sont à l'arrêt. Mais les stations-service ont encore des réserves qu'elles utilisent", a déclaré à l'AFP Arnauld Engandji, porte-parole de l'Onep qui regroupe 4.000 des 5.000 travailleurs du secteur.
"Tous les dépôts du Sud (Port-Gentil, Moanda) et de Libreville sont à l'arrêt, les forages fonctionnent à 50%. (...) Passées 48 heures de grève, nous initierons un service minimum dans la distribution", a ajouté M. Engandji.
A Libreville, l'approvisionnement en carburant semblait normal jeudi, et les stations-service, qui avaient été prises d'assaut la veille, connaissaient une moindre affluence, a constaté un journaliste de l'AFP.
L'Onep avait déposé un préavis de grève début mars mais avait suspendu le déclenchement de son mouvement à la suite de négociations avec le gouvernement. Ces discussions, engagées le 8 mars, ont été rompues le 12 avril.
Le syndicat dénonçait alors l'instauration d'un service minimum en cas de grève dans le secteur -ayant, depuis, fait l'objet d'un accord- et "l'emploi abusif de main-d'oeuvre étrangère" dans le secteur pétrolier.
Il maintient sa protestation sur ce point, indiquant avoir procédé à des études d'entreprises pétrolières qui lui ont permis d'y recenser "800 étrangers, dont beaucoup sans visa de travail", Occidentaux et Africains confondus.
"Ce n'est pas pour faire le +petit FN+ (Front national, parti français d'extrême droite, NDLR), comme nous avons entendu certains dire. Nous voulons juste que la loi soit appliquée", a affirmé M. Engandji.
Dans une déclaration diffusée mercredi soir, le ministre gabonais du Travail, Maxime Ngozo Issoundou, s'est engagé à renouveler la commission interministérielle ayant participé aux négociations et à restreindre temporairement les autorisations d'emploi dans le secteur si le syndicat revenait à la table des négociations.
"Toutes les entreprises mises en cause" par l'Onep ont été entendues entre le 17 mars et le 12 avril, auditions au cours desquelles "des autorisations d'emploi obtenues irrégulièrement ont été décelées et leurs détenteurs sommés de cesser leur activité et, par conséquent, de quitter le territoire", avait dit le ministre, sans plus de détails.
Selon le porte-parole de l'Onep, le syndicat a transmis jeudi matin les conditions de la reprise des négociations au secrétariat général de la présidence. La réponse des autorités était attendue dans les prochaines heures.
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