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Quelques mois après la dernière hausse tarifaire, les consommateurs de gaz devront entamer leur été en se serrant la ceinture. Plusieurs indicateurs laissent présager une nouvelle augmentation des tarifs réglementés.
C’est une quasi-certitude : les 6 millions de ménages qui se chauffent au gaz auront une mauvaise surprise le 1er juillet. Selon les experts, leur facture pourrait augmenter de 4,5 %. Indexés sur les cours du pétrole, les prix du gaz sont réévalués tous les trimestres par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), à la demande de GDF-Suez. En clair, si l’entreprise indique avoir déboursé plus d’argent pour s’approvisionner en gaz naturel, c’est au régulateur de décider si cette hausse sera répercutée sur les tarifs. Le groupe spécialisé dans l’énergie achète la matière première en dollars, ses dépenses sont donc plus élevées lorsque l’euro est faible. Quand on sait qu’il est actuellement en net recul par rapport à la monnaie américaine, il ne fait guère de doute que les consommateurs devront mettre la main à la poche.
Interrogé par France-Soir, un porte-parole de GDF-Suez a refusé de confirmer une éventuelle augmentation, aucun dossier n’ayant encore été transmis à la CRE. Il a seulement tenu à rappeler que les prix avaient chuté de 11 % au 1er avril 2009. « C’est naturel d’oublier les baisses au profit des hausses, mais le gaz payé par les Français est moins cher aujourd’hui qu’il y a un an et demi. Il compte parmi les plus bas en Europe », avance ce responsable. Il ajoute que la hausse de 9 % survenue en avril 2010 avait tout juste permis d’équilibrer les coûts par rapport aux recettes, l’activité vente de gaz du groupe ayant enregistré un déficit de 1,7 milliard d’euros sur les quatre dernières années en France.
De leur côté, les associations de consommateurs soulèvent un problème de taille : pour elles, la formule permettant de calculer les prix réglementés ne correspondrait plus aux réalités du marché. « Cette formule est appliquée de façon systématique. Or nous ne sommes pas sûrs du tout qu’elle reflète toujours les coûts d’approvisionnement de GDF-Suez. Si le groupe arrive à s’approvisionner moins cher et que les tarifs continuent à augmenter, cela lui permet d’améliorer ses marges au détriment du consommateur », dénonce Caroline Keller, chargée de mission énergie à l’UFC-Que choisir. L’association demande que les prix des contrats à long terme signés par GDF-Suez avec les pays producteurs ne soient plus indexés sur les produits pétroliers. Elle indique en effet que le marché du gaz et celui de l’or noir évoluent différemment depuis plusieurs mois. « Contrairement au pétrole, les cours du gaz ont baissé, car de nombreuses réserves naturelles ont été trouvées, notamment aux Etats-Unis », souligne Caroline Keller.
L’UFC-Que choisir n’est pas la seule à s’interroger. La Commission de régulation de l’énergie elle-même a lancé un audit pour déterminer si la formule de fixation des prix du gaz n’était pas obsolète. Les résultats devraient être connus dans quelques semaines. En attendant, les consommateurs peuvent se consoler en souscrivant une offre chez les concurrents d’EDF et de GDF. S’ils sont déçus, leur choix n’est pas irréversible : la loi leur permet désormais de revenir librement aux tarifs réglementés au bout de six mois.