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Tennis - Marat Safin a tiré sa révérence

L’ancien numéro un mondial a réussi ses adieux au circuit en livrant un match plein face à Juan Martin Del Potro hier après-midi au Masters de Bercy (6-4, 5-7, 6-4).

Il a fait durer le plaisir. A croire qu’il n’avait pas envie de partir. Face au récent vainqueur de l’US Open, Juan Martin Del Potro, Marat Safin avait prévenu qu’il serait à 100 %. Il n’a pas déçu le public, totalement acquis à sa cause. Revers fulgurants le long de la ligne, services canons et coups droits dévastateurs, le Russe aura offert toute la panoplie de ses coups.

On aura eu droit aussi à ses fameuses mimiques, ses bras levés vers le ciel juste après un point raté comme pour dire : « Mais pourquoi ? », sans oublier les jets de raquette qui lui en auront coûté deux pendant la partie. Qu’importe, le joueur le plus titré du tournoi (trois titres avec Boris Becker) n’en aura plus besoin. A presque 30 ans (il les aura le 27 janvier), le beau gosse du circuit en a fini avec les « aéroports, les contrôles de passeport, les valises et les hôtels ». Un vrai soulagement pour celui qui avait annoncé la fin de sa carrière dès l’an dernier.

« La deuxième partie de la saison a été vraiment très difficile », avouait-il dès lundi après son premier tour contre le Français Thierry Ascione. Passé pro à 17 ans, auteur de ses premières grosses performances à 19 ans seulement (premier titre ATP), le Russe façonné en Espagne aura connu l’ivresse de la victoire et de la place de numéro un mondial (durant 9 semaines) dès l’âge de 20 ans.

Double vainqueur de la Coupe Davis en 2002 face à la France, à Bercy et en 2006, l’ancien élève de Peter Lundgren (celui qui lui a, selon Safin, permis de progresser le plus) a remporté au total quinze titres dont deux en Grand Chelem (US Open et Open d’Australie).

« La pression, je détestais ça »

Soixante-cinquième aujourd’hui, il part sans regrets. Terminée la pression qu’il a subie durant des années. « Durant ta carrière, tu as besoin de gagner sans arrêt, de t’améliorer, de prendre des points pour savoir si tu peux aller au Masters ou pour savoir si tu pourras être tête de série en Grand Chelem, raconte le Russe. Tu es stressé 24 heures sur 24 et je détestais ça. »

L’argent qu’il a gagné (plus de 14 millions de dollars) lui a servi à « ouvrir des portes ». Il espère en ouvrir d’autres, sans plus attendre. « Je ne prends pas de vacances. Il faut que je me bouge les fesses si je veux rattraper le train en marche. Devenir quelqu’un après avoir été un bon joueur de tennis, c’est difficile. Les prochains mois, j’ai intérêt à bien réfléchir pour savoir ce que je veux faire et à prendre les bonnes décisions. »

Le chouchou de ces dames veut que le public retienne simplement son fair-play sur le court. Rien d’autre. Son image de joueur fantasque est pourtant la première qui vient à l’esprit. Jamais Marat Safin n’aura réussi à se calmer pendant un match. Il était l’un des derniers à fracasser encore sa raquette sur le sol.

« Il y en a quelques-uns ici qui ont le potentiel pour ça, dira-t-il avec l’humour qu’il manie à ravir. Ce qui est sûr, c’est que ce joueur sera plus fou et meilleur qu’Ivanisevic et moi. »

Ce joueur n’était pas en tout cas parmi ceux qui lui ont rendu hommage sur le court central après la rencontre. Djokovic, Karlovic, Simon, Robredo et d’autres ont longuement applaudi le grand Russe qui commence enfin son autre vie. La plus difficile sûrement.


http://www.francesoir.fr/tennis/2009/11/12/tennis-marat-safin.html

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