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L'internet haut débit partout, c'est possible !

Alors que près de 4 000 foyers euréliens ne sont pas éligibles à l’Internet haut débit via l’ADSL, la Régie électrique du pays chartrain développe un système de haut débit par les ondes : la boucle locale radio.

Les techniciens appellent cela des zones blanches lorsque l’Internet haut débit de type ADSL n’est pas accessible par la ligne téléphonique, voire des zones grises quand le débit est encore insuffisant pour recevoir la télévision via le même réseau. Les aménageurs du territoire parlent de fracture numérique qui handicape lourdement ces secteurs, en particulier pour leur développement économique. Afin de résorber ces disparités entre les territoires éligibles au haut débit et ceux qui ne le sont pas, plusieurs communes et communautés de communes euréliennes ont adopté le système de la boucle locale radio (BLR).

Plutôt que par la voie du réseau téléphonique, l’Internet haut débit de la BLR passe par les ondes hertziennes. «Nous avons conjugué plusieurs technologies pour répondre au mieux à cette fracture numérique, la fibre optique et la boucle locale radio», explique Alain Guillotin, le responsable des activités télécom à la Régies, la régie énergies et services du syndicat électrique intercommunal du pays chartrain (SEIPC). Avec Céliéno, le nom commercial développé par la Régies, la BLR couvre déjà Béville-le-Comte, Nogent-le-Phaye, les communautés de communes du Pays Courvillois, des Plaines et Vallées dunoises et des Trois Rivières et devrait s’étendre sur celles du Bonnevalais et du Pays de Combray.

De l’âge de pierre à la vitesse de la lumière

«Le principe est d’amener de la fibre optique jusqu’à un point haut, le plus souvent un château d’eau, pour y installer une antenne. De là, les usagers qui souhaitent bénéficier de l’Internet haut débit se rapprochent d’un des deux opérateurs, bientôt trois, qui travaillent en BLR dans le département», détaille le technicien de la Régies. Ces usagers payent alors un droit d’accès au service, un abonnement forfaitaire variable en fonction de la vitesse de connexion et s’équipent d’une petite antenne carrée sur leur toit. Après ce n’est que de la radio.

De la radio qui autorise jusqu’à 6 Mbits/s de débit descendant (en téléchargement) et 2 Mbits/s de débit montant (envoi de données). Comparé aux 56 kbits/s d’une connexion bas débit dont doivent encore se contenter près de 4 000 foyers et abonnés euréliens, on passe littéralement de l’âge de pierre à la vitesse de la lumière. «Nous on ne s’occupe que d’amener la fibre optique et d’installer les antennes bases sur des points hauts en répondant aux appels d’offres des communes et des établissements publics de coopération intercommunale comme les com’com. Nous ne sommes pas des fournisseurs d’accès à Internet», souligne Jean-Marie Léger, ingénieur commercial à la Régies.

En un an, plus de 200 particuliers et entreprises se sont “raccordés” à l’Internet haut débit via la BLR. Si elle constitue une des solutions à la fracture numérique, la BLR n’est pas pour autant la panacée. «La BLR est particulièrement efficace en plaine et lorsqu’aucun obstacle ne vient perturber les ondes hertziennes. Elle n’est donc pas adaptée pour les zones boisées ou accidentées comme le Perche», prévient Alain Guillotin. D’autres solutions existent alors, comme l’Internet par satellite, mais elles demeurent à l’heure actuelle limitées en capacité.

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