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Total annonce la suppression de 555 postes dans ses activités de pétrochimie et de raffinage en France où le groupe pétrolier réduira d'un quart les capacités de sa raffinerie de Gonfreville, en Normandie.
Lors de Comités centraux d'entreprise (CCE), le pétrolier a annoncé qu'il supprimerait 249 emplois à l'horizon 2013 dans la branche raffinage et 306 emplois d'ici 2012 chez Total Petrochemicals France (TPF), le tout sans licenciement sec, par le biais de reclassements internes, de départs en retraite et en préretraite.
Cette annonce, qui intervient après la publication par le groupe pétrolier d'un bénéfice de près de 14 milliards d'euros en 2008, a immédiatement entrainé des protestations du gouvernement et de l'opposition.
"Je trouve ça scandaleux. En cette période de crise, beaucoup d'entreprises sont dans des situations dures, ne font plus de bénéfices, ont des chiffres d'affaires dégradés et font pour autant tous les efforts possibles pour garder leurs salariés, notamment dans les PME", a déclaré à la presse le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez.
"Qu'un groupe comme Total, qui fait plusieurs milliards de bénéfices, ne soit pas capable dans cette période d'avoir un comportement exemplaire en termes d'emploi me reste en travers de la gorge", a-t-il ajouté.
Le groupe justifie cette décision par la baisse de la consommation de pétrole et d'essence en France alors que celle du diesel, dans lequel il entend investir, augmente.
"Entre 2000 et 2007, la consommation française a chuté de 80.000 barils par jour et cela devrait doubler d'ici à 2015", a déclaré à Reuters Michel Bénézit, directeur général raffinerie-marketing du groupe pétrolier.
Le plan de restructuration, qui se mettra en place entre 2011 et 2013, coûtera 770 millions d'euros. Il se traduira par une réduction des deux tiers de la production de la raffinerie de Gonfreville, laquelle produit 60.000 barils par jour d'essence, un tiers approvisionnant le marché français et le solde étant destiné a l'exportation. Ces investissements permettront d'augmenter la production annuelle moyenne de diesel de la raffinerie de 10% et de réduire d'environ 60% les excédents d'essence produits.
En ce qui concerne son activité de pétrochimie, où il compte investir 230 millions d'euros, Total se dit également confronté à une dégradation structurelle de son environnement, marqué par des surcapacités.
Il compte ainsi arrêter des unités "structurellement déficitaires : deux lignes de polyéthylène à Carling (Moselle) et Gonfreville (Seine-Maritime) et une ligne de polystyrène à Gonfreville. Par ailleurs, Total fermera le site dédié à la production de butanol secondaire, à Notre-Dame-de-Gravenchon (Seine-Maritime).