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AUTO/MOTO - F1 - GP d'Australie

Pendant que les Brawn-Mercedes réalisaient le premier doublé d'une nouvelle écurie depuis le Grand Prix de France en 1954 (Juan Manuel Fangio et Karl Kling avec Mercedes-Benz), les équipes présumées de pointe du Championnat, Ferrari, McLaren, BMW-Sauber et Renault, connaissaient des fortunes diverses mais se retrouvaient assez, voire très éloignées des avant-postes. Retour sur un week-end d'ouverture difficile qui laisse augurer une saison passionnante.

 

Ferrari : la débandade

Tout avait plutôt pas trop mal débuté pour la Scuderia, avec des essais libres honorables, et des qualifications satisfaisantes (Massa 6e, Räikkönen 7e). Mais la course n'a pas été à la hauteur des espoirs de l'écurie italienne, qui connaît son plus mauvais départ depuis 17 ans. Felipe Massa a eu assez rapidement après l'entame du GP des problèmes avec les pneus tendres, comme la totalité des pilotes, et a dû anticiper son premier arrêt. Il s'est ensuite retrouvé dans le peloton sans jamais parvenir à s'en extraire. Il aurait pu finir à l'orée de points mais un problème hydraulique l'a contraint à l'abandon à 13 tours de l'arrivée. Le Finlandais était lui, encore, selon ses propres mots, en course pour la deuxième place, lorsqu'une légère sortie de piste l'a obligé à un troisième arrêt aux stands au 44e tour, mettant un terme à ses espoirs de podium. «Cette première course est loin de notre valeur, à tous les points de vue, a résumé Stefano Domenicali, le directeur de l'écurie. Nous avons manqué de fiaibilité, nos performances n'étaient pas au niveau de nos essais hivernaux. Pour résumer, c'est une journée à oublier.»

 

McLaren-Mercedes : un podium en trompe-l'oeil

«Nous marquons bien plus de points que nous pouvions réellement espérer. J'essayais d'inscrire un point, alors en avoir six est une grande réussite. Nous n'avons définitivement pas oublié comment gagner : notre stratégie était parfaite et l'équipe a fait un travail fantastique. J'ai réalisé l'une de mes plus belles courses. J'ai piloté à coeur ouvert. Je suis tellement satisfait.» Si l'on s'en tient à la réaction de Lewis Hamilton, il n'y a rien à redire de la performance des McLaren à Melbourne. Il est vrai que le champion du monde, parti 18e et finalement troisième, a une nouvelle fois démontré son talent et sa vista au volant d'une monoplace. Pour autant, cette performance ne doit pas faire oublier les essais libres désastreux et la séance de qualifications compliquée. D'ailleurs, Martin Whitmarsh, le patron de l'écurie, ne s'y trompe pas : «La voiture que nous avons fourni à Lewis n'était pas aussi compétitive que nous l'aurions souhaité, nous ne l'avons jamais caché, mais nous travaillons d'arrache-pied, jour et nuit, pour changer ça.» Heikki Kovalainen, qui s'est élancé de la 12e place, a subi les conséquences de l'accrochage du premier virage et a abandonné après trois tours. Un désagrément de plus pour l'écurie, qui va rapidement devoir trouver des solutions.

 

BMW-Sauber : Kubica trop pressé

Dans le sillage de Jenson Button et Sébastian Vettel durant toute la course, Robert Kubica aurait même pu s'imposer, tant il était le plus rapide lors des derniers tours, équipés de pneus durs alors que les deux pilotes qu'il poursuivait étaient chaussés de pneus tendres qui perdaient de leur efficacité. Et puis à trois tours de l'arrivée, le Polonais a tenté une attaque sur l'Allemand. Les deux hommes ne pouvaient éviter le contact et perdaient des éléments de leur monoplace dans l'accrochage. Kubica se retrouvait avec un aileron avant partiellement arraché et finissait dans un mur quelques centaines de mètres plus loin. «Quelle déception ! J'avais une chance de gagner la course parce que Jenson Button et Sébastian Vettel luttaient avec leurs pneus tendres, alors que j'avais des pneus plus durs et que je pouvais aller bien plus vite qu'eux. Nous (Vettel et moi) avions tous les deux passé un superbe week-end et nous quittons Melbourne sans rien. C'est vraiment dommage !», a confirmé le Polonais. Son coéquipier, Nick Heidfeld, impliqué dans l'accident du premier tour, a dû rentrer aux stands pour changer d'aileron avant et a réalisé une course anonyme, conclue à la 10e place.

 

Renault : Alonso s'en contente

La saison dernière, Fernando Alonso avait profité d'une course chaotique pour empocher la quatrième place. L'Espagnol a failli rééditer la même performance cette année, mais il s'est finalement contenté de la cinquième position, grâce à la pénalité infligée à Jarno Trulli (Toyota). Incapable de se mêler à la lutte pour la victoire, le double champion du monde se contente de ce résultat : «Une sixième place n'est pas un résultat fantastique, mais nous devons en être satisfaits. J'ai débuté la course dans des conditions très difficiles. J'ai été poussé en dehors de la piste dans le premier virage, je suis passé dans l'herbe, et j'ai repris la course bon dernier. A partir de là, les choses sont devenues difficiles et marquer des points est remarquable. Grâce aux faits de course et aux neutralisations, nous terminons en sixième position. Vu les résultats de nos rivaux, nous pouvons être contents». Pour le directeur de l'écurie, Flavio Briatore, «les trois points marqués par Fernando ne sont pas une grande consolation après un week-end très décevant. Nous n'avons pas été assez compétitifs et nos résultats en qualifications (Alonso 10e, Piquet Jr 14e, et sorti de la piste au 24e tour à cause d'un problème de freins) nous ont pénalisés. Ce n'est que la première course, nous avons encore le temps de progresser.» Il ne doit pas être le seul à le penser.

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