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L'OL n'est plus le maître du Championnat, c'est incontestable. Son pouvoir comme son jeu se sont érodés. La culture de la gagne semble moins présente. Lyon a perdu à Rennes (0-3), Lille (0-2), Paris (0-1) et maintenant Bordeaux (0-1). Et à chaque fois sans marquer. C'est tout sauf un hasard. Même s'ils veulent continuer à positiver, les Lyonnais ont conscience qu'ils ont sans doute perdu plus qu'une bataille en Gironde. Décryptage avec Karim Benzema.
LA DEFAITE A BORDEAUX : «On a tous fait un gros match»
Malgré le revers et des difficultés dans le jeu, les Lyonnais n'ont cessé de rappeler qu'ils avaient fait « un bon match ». Puel et ses hommes se rassurent comme ils peuvent. C'est vrai, la prestation n'est pas à jeter à la poubelle mais le contenu fut bien trop insuffisant pour renverser une équipe de Bordeaux irrésistible et physiquement au point. Lyon se complait à penser qu'il a fait « ce qu'il fallait », dixit Puel encore. Celui-ci a quand même déploré d'énormes déchets. Cette médiocrité technique est inhabituelle à Lyon. De quoi le faire ruminer un certain temps. Benzema emploie encore plus que son entraîneur la méthode coué. Extraits : « C'était une très bonne équipe de Lyon, avec un très bon mental, a-t-il osé. On est très bien rentré dans le match. Après, on a pris un but et on a été mis en danger plusieurs fois sur les coups de pieds arrêtés. Dans l'ensemble, je crois que l'on a tous fait un gros match. On savait que ce serait une partie difficile. Techniquement, on a su montrer de bonnes choses. »
LE TITRE : entre résignation et fatalité
Avec seulement huit points pris sur vingt et un possibles lors des sept dernières journées, l'OL a quasiment vu ses chances de remporter le titre s'envoler. Marseille plane en tête avec quatre points d'avance et Bordeaux en compte deux sans compter un calendrier hyper favorable. Mais Lyon veut encore garder espoir. Benzema : « On ne va pas dire que le titre s'est envolé. Dans notre tête, on a toujours l'objectif d'aller le chercher. Ce sera difficile car on vient de laisser filer trois points dimanche et deux autres à Gerland contre Monaco (2-2). Sur ces deux matches, on a perdu gros. Mais rien n'est encore joué. Il reste encore six journées. Il y a rencontres face à Paris et Marseille. » En début de saison ou même il y a encore quelques semaines, imaginer Lyon hors du podium était impensable. A six journées de la fin, la réalité comptable est là. Lyon n'est sûr de rien et n'est plus du tout maître de son destin. S'il continue sur ce rythme, l'OL pourrait bien louper le wagon de la C1. Lyon en UEFA, oui c'est possible. Benzema, comme Källström avant lui (« On ne va pas gagner le Championnat pendant cent ans »), esquisse un changement de mentalité. Il y a comme un mélange de résignation et de fatalité dans l'air. « Que ce soit Paris, Bordeaux ou Marseille, ce sont quatre équipes au coude à coude, explique l'attaquant international. On ne pense pas à ce qui peut arriver. On veut se sortir de là et aller chercher ce titre. Après, si on n'arrive pas à gagner ces matches là, et ben, on fera avec... »
PARIS VENDREDI : «réagir par une victoire»
A Bordeaux, si Lyon a manqué de « justesse », selon Puel, c'est que les Lyonnais ne sont plus sereins. L'appétit de ses concurrents, la bataille perdue en Ligue des champions et l'usure du pouvoir sont autant d'explications. En Gironde, Lyon s'est fait bouger. Il a perdu sur son propre terrain, celui de la combativité et du mental à toute épreuve. L'OL a également perdu l'habitude de se faire chahuter de la sorte. Il se retrouve désormais dans la peau d'un outsider. « Ce n'est pas un coup au moral. C'est juste que l'on n'a pas l'habitude d'être en troisième position. Moralement, on n'a pas lâché. On est conscient que sur l'ensemble de la partie, on a fait un bon match. On est très déçu. Il ne faut pas s'enterrer. A nous de réagir par une victoire dès vendredi. » Lyon n'a désormais plus de calcul à faire. Il lui faut tout gagner tout en espérant des faux-pas de Bordeaux et Marseille, tous deux en position de force. La révolution est en marche.