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Ligue 1 - Gerets : "Deschamps, une bonne décision"

Le futur ex-entraîneur de l'OM, Eric Gerets, se réjouit du choix de Didier Deschamps pour lui succéder. Pour le Belge, Marseille a pris "une bonne décision". Mais, avant de partir, il n'oublie pas qu'il a un titre de champion de France à aller décrocher avec le club phocéen.

ERIC GERETS, l'arrivée de Didier Deschamps à l'OM va-t-elle permettre à tout le monde de se concentrer uniquement sur le titre de champion de France ?

E.G : Moi, je me suis toujours concentré sur mon job. Même chose pour les joueurs. J'ai d'ailleurs été honnête avec eux en leur annonçant mon départ. Et dans le football, l'honnêteté ça n'est pas toujours une bonne chose Mais le club a réagi très vite pour annoncer l'arrivée du nouvel entraîneur. C'est très bien. La direction a pris la bonne décision. Tout d'abord en prenant Didier (Deschamps), mais aussi en l'annonçant très vite. On peut donc se concentrer à fond sur la fin de championnat.

Que pensez-vous du choix de Didier Deschamps pour vous remplacer ?

E.G : C'est une bonne chose. Deschamps connaît très bien le Championnat de France. Et puis en venant à Marseille, il retourne à la maison. Je compare un peu sa situation à celle que j'ai connue au PSV Eindhoven. J'ai joué là-bas, gagné la Ligue des Champions et je suis revenu en tant qu'entraîneur. Il a aussi remporté la Ligue des champions avec l'OM. Il y a beaucoup de similitudes entre lui et moi.

Vous n'êtes pas un peu jaloux de Deschamps ?

E.G : Non, pourquoi ?

Il est plus jeune et (il coupe)

E.G : Mais il n'est pas plus beau (rires). Je ne suis pas jaloux. Je lui souhaite tout ce que je peux lui souhaiter. En tout cas, il va reprendre une équipe bien en place. Je lui laisse un groupe qui est bien. Il va prendre beaucoup de plaisir à entraîner cette équipe de Marseille. Il y a une bonne ambiance, un mental qui malgré tout a changé depuis que je suis ici. Les joueurs pensent davantage comme moi. Ils sont là pour gagner quelque chose.

Marseille est-il maintenant armé pour jouer le titre tous les ans ?

E.G : L'OM va être le concurrent de Lyon pendant une longue période. Car les Lyonnais ne vont pas se laisser faire. Ils vont avoir la possibilité, vu leur situation financière, de renforcer l'équipe. Mais ces moyens sont aussi présents à Marseille. J'espère pour Didier qu'il pourra garder les joueurs majeurs de l'équipe. C'est crucial pour l'avenir du club. Il pourra renforcer l'équipe pour être encore plus fort la saison prochaine.

Allez-vous discuter avec Deschamps des éventuels changements à opérer ?

E.G : Non. S'il a besoin de moi, je parlerai avec lui. Mais c'est un peu compliqué pour moi... Car il y a l'entraîneur et l'être humain qui se mélangent un petit peu pour le moment. En tant qu'entraîneur, je serai obligé de lui dire: "Sur cette position-là, il faut un meilleur joueur". Mais en tant qu'être humain, je lui dirai: "Il faut garder tout le groupe ! Il ne faut acheter aucun joueur". Emotionnellement, je suis tellement attaché à mes joueurs que c'est un peu difficile de dire qu'il faut acheter un nouveau joueur.

Vos joueurs semblent également très attachés à vous. Certains veulent vous offrir le titre. Comment l'expliquez-vous ?

E.G : Je ne sais pas si c'est encore nécessaire de l'expliquer Il y a une telle entente entre mes joueurs et moi. Il y a quelque chose qui vit depuis que je suis venu ici. Ça restera certainement

Dominique Cuperly partira-t-il avec vous ?

E.G : J'ai parlé avec Dominique. Il est au courant de mes idées. Et il a fait son choix.

Votre effectif est pratiquement au complet pour affronter Nice, mercredi prochain. Comment allez-vous faire vos choix ?

E.G : C'est un luxe. Je me régale. Car il y a des joueurs qui reviennent. Et les joueurs qui sont là ont faim. La situation pour moi est donc facile pour le moment. Je regarde avec beaucoup d'attention ce que chacun fait à l'entraînement. Et je commence à avoir beaucoup de satisfaction avec mes joueurs. Laurent Bonnart va revenir dans le groupe. Il est tout à fait rétabli. Taye Taiwo va faire un test dimanche. Il a tellement envie de jouer Mais il y a un risque avec Taye car ce n'est pas encore tout à fait guéri. Mais avec les muscles qu'il a dans sa patte, c'est un risque calculé quand même C'est lui qui doit prendre cette responsabilité, pas moi. Et je dois encore voir le docteur pour trancher.

Mamadou Niang va-t-il être opérationnel pour mercredi ?

E.G : J'ai senti que Mamadou était un peu fâché de ne pas pouvoir s'entraîner normalement avec nous. Car l'ambiance est bonne et tout le groupe veut bien finir la saison à fond. En plus, il fait beau et les terrains sont dans un état fantastique. Je crois que l'on a le meilleur terrain en France en ce moment. C'est donc agréable. Mais pour répondre à votre question, Mamadou sera à Nice mercredi (rires).

Bakari Koné est-il remis de sa blessure au mollet ?

E.G : C'est plus compliqué pour Baky. Ça risque d'être délicat si on reprend trop vite avec une blessure pareille. Il faut bien gérer, sinon sa saison peut être rapidement terminée.

Le déplacement à Nice est souvent un derby de la Méditerranée très compliqué pour l'OM. Comment envisagez-vous cette rencontre ?

E.G : C'est fantastique d'avoir un derby à ce stade de la compétition. Ça va chauffer encore plus que d'habitude. Ils vont essayer de nous prendre des points alors que nous voulons nous imposer là-bas. C'est un match encore plus particulier cette année du fait de notre place de leader.

Après le match nul contre Toulouse (2-2), vos joueurs auront-ils davantage l'envie de se dépasser à Nice ?

E.G : On aura peut-être un peu plus la rage. Mais l'envie était présente contre Toulouse. Vous l'avez vu comme moi. On même eu trop envie. A la fin, on a voulu forcer en oubliant la discipline sur le terrain. Depuis que je suis ici, ce n'est pas une question de ne pas avoir envie. L'envie a toujours été là, sinon on ne serait pas dans la position où l'on est maintenant.

Dans votre lutte avec Bordeaux, le calendrier peut-il jouer en faveur des Girondins ?

E.G : Il parle pour Bordeaux. Je ne veux pas faire le malin. Même si en fin de saison le calendrier n'a plus autant d'importance. Car c'est la pression mentale qu'il faut gérer. Lolo (Blanc) a très bien fait en ne mettant pas la pression sur ses joueurs. Qu'il le veuille ou non, la pression est maintenant bien là. Elle existe. Il faut voir comment les Bordelais vont vivre avec. On a vu chez nous quelques joueurs nerveux à la fin du match contre Toulouse quand ils ont oublié certaines choses. On va voir si notre adversaire a le sang froid pour bien gérer ça.

L'OM peut-il remporter ses quatre derniers matches ?

E.G : Ce sera délicat... Mais c'est la même chose pour Bordeaux. Je pars en tout cas du principe que l'équipe qui va remporter les quatre matches va être championne.

La différence de buts peut-elle être décisive ?

E.G : D'abord, il faut gagner. Si on se met dans la tête qu'il faut gagner avec beaucoup de buts de différence, on va oublier que les adversaires que l'on va rencontrer mérite notre respect. Car à mon avis, si on gagne les quatre matches, on sera champion.

Quels éléments peuvent faire pencher la balance en faveur de l'une des deux équipes ?

E.G : Je crois que la force des deux équipes, c'est le collectif. Dans ce collectif, il y a des joueurs qui savent faire la différence. Mais c'est d'abord le collectif et seulement ensuite les individualités.

Quel regard portez-vous sur Laurent Blanc ?

E.G : Lolo (Blanc) est quelqu'un de très intelligent. Sa carrière de joueur fait rêver. Et en tant que jeune entraîneur, c'est exceptionnel ce qu'il réalise. Je lui ai déjà dit plusieurs fois. C'est une grande richesse pour le football français qu'il soit là.

Il a déclaré qu'il vous regretterait

E.G : Mais moi aussi Vous savez nous sommes des concurrents mais malgré tout j'ai une grande estime pour lui. Et je crois que c'est réciproque.

Les deux derniers matches de Bordeaux vous ont-ils impressionné ?

E.G : Non, le dernier match a été un peu trop facile pour eux (victoire 3-0 contre Sochaux, ndlr). Et à Rennes, ils ont quand même eux des difficultés (victoire 3-2, ndlr).

L'arbitrage peut-il avoir un rôle dans cette fin de saison serrée ?

E.G : Oui, bien sûr. Mais l'équipe qui ne sera pas championne, ne pourra pas s'en servir comme excuse. Ce ne serait pas bien car les arbitres ne méritent pas ça.
source: eurosport

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