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Les vacanciers n’avaient pas besoin de ça. Alors que le risque d’une pénurie d’essence se fait de plus en plus pressant, ce sont maintenant les aéroports de France qui se trouvent paralysés par la grève des contrôleurs aériens.
Depuis mardi matin et jusqu’à vendredi, ces derniers ont décidé de ne pas travailler. Principaux concernés, les vols court et moyen-courriers, c’est-à-dire avant tout les vols intérieurs. Au départ de Paris, un vol sur deux a été annulé à Orly, un sur quatre à Roissy. Les aéroports de province ont été beaucoup plus affectés : à Lille aucun avion n’a pu décoller ou atterrir et à Lyon plusieurs dizaines de vols ont été annulés. Pis encore, à Biarritz, l’aéroport a carrément dû être fermé en l’absence de contrôleurs aériens.
Le mouvement a pris une telle ampleur que les pays voisins ont aussi été affectés. En Belgique, les aéroports de Bruxelles et de Charleroi ont subi des retards atteignant une heure et demie notamment sur les vols ralliant l’Afrique du Nord et la péninsule Ibérique, tandis que des vols à destination du sud de la France étaient purement et simplement annulés.
A l’origine du mouvement, le projet d’une structure européenne du contrôle aérien baptisée « Fabec ». Regroupant France, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Allemagne et Suisse, il permettrait d’unifier et de simplifier les différents systèmes et de faire face plus facilement à la hausse du trafic à venir.
D’après la Commission européenne, celui-ci pourrait augmenter de 50 % d’ici quinze ans. Un projet inacceptable pour les syndicats, qui y voient une façon masquée de démanteler la DGAC (Direction générale de l’aviation civile), dont ils dépendent. Pour l’intersyndicale CGC-FO-CGT-UNSA, à l’origine de la grève, « créer un organisme international conduira immanquablement à l’éclatement et au démantèlement de la DGAC ».
« On veut qu’elle reste une entité unique, donc on veut bien discuter d’un système coopératif renforcé, mais pas d’un organisme international », a ainsi déclaré Didier Pennes, délégué SNPACM-FO.
Et les nombreux communiqués de la direction, qui rappelle, chaque fois qu’elle le peut, qu’elle ne sera pas démantelée, ne semblent pas les rassurer.
Il faut dire que pour les 4.400 aiguilleurs du ciel un démantèlement serait lourd de conséquences, dans la mesure où ils bénéficient à l’heure actuelle de nombreux avantages (lire encadré ci-dessous).
Dans la dernière édition de son rapport annuel, la Cour des comptes a mis en lumière les déséquilibres dans la gestion du travail des contrôleurs aériens. Deux principaux éléments ressortent.
D’abord, l’organisation « opaque » du temps de travail. Les personnels de navigation ne travaillent en effet qu’un jour sur deux. A ce temps de travail déjà faible s’ajoutent des « clairances ».
Il s’agit d’autorisations d’absences non déclarées, qui sont distribuées en fonction de la quantité de trafic à gérer et du nombre de contrôleurs présents. A tel point que la Cour des comptes évalue « à moins de 100 jours par an » le temps de travail fourni.
Le deuxième élément soulevé est la gestion des protocoles sociaux. Le rapport met en avant le déséquilibre des relations sociales au sein de la DGAC (Direction générale de l’aviation civile) entre, d’un côté, les personnels de navigation qui bénéficient d’avantages importants et, de l’autre, l’administration qui n’obtient pas de véritables contreparties. Pour la Cour des comptes, les avantages en termes d’indemnités et de statut vont « bien au-delà du reste de la fonction publique ».
http://www.francesoir.fr/social/2010/02/24/greve-aeroport.html