Jo-Wilfried Tsonga apprend vite. Lundi, il disputait et remportait le premier match en cinq sets de sa carrière face à l’Espagnol Nicolas Almagro (6-3, 6-4, 4-6, 6-7, 9-7). Mercredi, le Manceau a remis ça contre Novak Djokovic et a de nouveau signé un beau succès (7-6, 6-7, 1-6, 6-3, 6-1) après 3 heures 52 de jeu. Face au prodige serbe, le numéro 1 français n’a jamais nourri de complexe. Au contraire, depuis leur finale à l’Open d’Australie 2008 qui avait tourné à l’avantage de « Djoko », Tsonga ne s’est incliné qu’à une seule reprise face au numéro trois mondial. En quarts de finale du Grand Chelem australien, il a donc signé son cinquième succès sur ce redoutable adversaire. « J’ai beaucoup de sympathie pour lui, on partage beaucoup de choses. D’ailleurs, c’est contre lui que j’ai remporté mon premier titre (NDLR : à Bangkok en 2008) », rappelle « Jo » au micro de l’ex-n° 1 mondial Jim Courier, quelques secondes après avoir converti sa première balle de match sur le central de la Rod Laver Arena.
« Avec lui, tout est possible »
A des milliers de kilomètres de Melbourne, la France fêtait aussi l’exploit australien du numéro 10 mondial. « On était tous devant la télévision. On est tous excités, on est vraiment très content, nous confie Patrice Hagelauer, le directeur technique national (DTN) juste après la qualification du Tricolore. Il a une nouvelle fois démontré toutes ses qualités et a joué beaucoup plus libéré. On a retrouvé le vrai Jo. Avec lui tout est possible », se réjouit le dirigeant. En battant Djokovic en cinq manches, il a donc su lever l’interrogation du défi physique. Tsonga, 24 ans, est un joueur fragile, par le passé les blessures ont souvent entravé sa progression. Mais mercredi, ce deuxième match à rallonge a prouvé qu’en plus de ses capacités athlétiques, il possédait aussi un mental hors du commun. « Il a tenu le coup. C’est un formidable guerrier. Ceux qui le connaissent savent de quoi il est capable », ajoute Hagelauer.
« Il a envie de gagner un Grand Chelem »
Une fois de plus, le protégé d’Eric Winogradsky n’a pas déçu alors que tous ses compatriotes ont baissé pavillon dès la première semaine. Après son match face à Almagro, Arnaud Di Pasquale, le coordonnateur du haut niveau masculin à la Fédération française de tennis, nous donnait les clés du succès du jeune métis. « Il est ambitieux, il a envie d’aller chercher un Grand Chelem, un tournoi supérieur à ceux qu’il a déjà gagnés. Il fait ce qu’il faut pour et il se prépare bien pour ces échéances ». Une analyse confirmée par le DTN qui en profite pour faire l’éloge de l’encadrement du Manceau. « Avec Eric Winogradsky, il travaille très bien. Il faut rendre aussi hommage à son préparateur physique Cyril Brechbuhl qui, avec Winogradsky, fait du très bon boulot. Jo est souvent blessé et ils savent très bien comment gérer ses efforts. Jo sait s’organiser et c’est déjà une qualité », affirme l’ancien entraîneur de Yannick Noah.
Une seule défaite en six finales
En demi-finale, Jo-Wilfried Tsonga rencontrera Roger Federer, qui a éliminé Nikolaï Davydenko (2-6, 6-3, 6-0, 7-5). Le Suisse, qui a stoppé la série noire après deux défaites de rang face au Russe (Londres, Doha), ne part pas forcément grand favori, d’autant que la dernière rencontre entre Tsonga et lui avait tourné en faveur du Français, en août dernier à Montréal. « Je ne veux pas tirer de plan sur la comète mais quand on arrive à ce stade de la compétition, il faut y aller. Il va jouer libéré contre Roger Federer. Il a été un peu crispé et hésitant lors de ses premiers matches mais là on a vu du très bon tennis », s’enthousiasme Hagelauer. Jo-Wilfried Tsonga n’est plus qu’à une marche de la finale de l’Open d’Australie, la seule qu’il ait perdue sur les six qu’il a disputées. « C’est vrai qu’il a besoin de plus de récupération et de plus de temps pour se préparer mais quand il est frais, il est capable de réaliser de grandes choses », prévient Patrice Hagelauer. Jo n’a peut-être pas fini de faire vibrer ce public dont il est devenu le véritable chouchou.
http://www.francesoir.fr/tennis/2010/01/28/tsonga-federer.html