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Face aux questions récurrentes du président de la cour, l'épouse de Jean Tiberi a adopté une ligne de défense qu'elle conservera durant tout l'interrogatoire: "Je ne peux pas vous répondre sur des choses que je n'ai pas vues, que je n'ai pas faites", s'est-elle exclamée.
Interrogée sur les faux documents destinés à domicilier des électeurs dans le Ve arrondissement de Paris, que certains fonctionnaires de la mairie ont reconnu avoir rédigés, Mme Tiberi affirme n'avoir "jamais vu personne commettre un faux. Jamais", insiste-t-elle, affirmant avoir découvert ces faux "lorsque le tribunal (lui) a envoyé le dossier".
Quand les questions deviennent plus précises, c'est sa mémoire qui se fait défaillante: "Je ne peux pas vous dire avec qui j'étais il y a 15 ans, ce que j'ai fait il y a 15 ans. Je ne sais pas".
Quant aux cartes électorales qu'il fallait remettre aux personnes domiciliées à une adresse fictive, "je n'ai jamais eu en main une carte d'électeur quelconque, jamais, sauf la mienne", se défend-elle.
A l'étonnement du président de la cour, qui souligne que 12 personnes l'ont mise en cause directement ou indirectement, elle répond: "c'est mensonger!".
"Je ne suis pas concernée", répète l'épouse du député-maire du Ve arrondissement et maire de Paris de 1995 à 2001, ajoutant qu'elle n'est "pas administrative du tout" et qu'elle "ne connaît rien au mode de scrutin" des municipales. "Je ne suis pas élue, je ne suis pas fonctionnaire, je suis la femme de Tiberi, c'est tout", avance-t-elle en guise d'explication.
Sur les 11.921 électeurs radiés des listes électorales du Ve arrondissement en 1997 et 1998, 5.609 étaient inconnus de l'administration fiscale. Quelque 200 faux électeurs sont retenus dans la prévention, les enquêteurs ayant procédé par échantillonnage. Au total, onze personnes sont poursuivies pour fraude électorale présumée aux élections municipales de 1995 et législatives de 1997.