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Depuis fin 2008, la brigade financière enquête sur des fonds dont aurait bénéficié Julien Dray entre 2005 et 2008 de la part de l'organisation lycéenne la Fidl et l'association Les Parrains de SOS Racisme. Concrètement, le député socialiste de l'Essonne est soupçonné d'avoir touché 350 000 euros, le plus souvent sous forme de chèques, par l'intermédiaire de deux proches collaborateurs. De larges extraits du rapport des policiers ont été publiés hier par Médiapart et le quotidien Le Monde accablant l'élu socialiste. Ses avocats ont immédiatement réagi en annonçant leur intention d'attaquer en justice les deux médias qui affirment que Julien Dray et « une demi-douzaine » de personnes seront renvoyés devant le tribunal en septembre. De son côté, le procureur de Paris a assuré, dans un communiqué, qu'« aucune décision » n'était prise concernant un éventuel renvoi devant un tribunal correctionnel dans cette affaire. « L'ensemble de la procédure a été communiqué aux conseils des personnes concernées qui pourront jusqu'au 25 septembre faire connaître leurs éventuelles observations », précise Jean-Claude Marin. « Ce n'est qu'après cette date que seront décidées des suites à donner à cette procédure », à savoir un classement sans suite, une citation directe devant le tribunal ou l'ouverture d'une information judiciaire, cette dernière option semblant d'ores et déjà écartée.
Concernant le contenu de rapport policier, celui-ci pointe que sur les quatre dernières années, les dépenses annuelles moyennes de Julien Dray se seraient élevées à 521 919 euros (soit environ 43 500 euros par mois) pour des revenus estimés en moyenne à 407 854 euros (34 000 euros par mois). Devant les enquêteurs, qui ont écarté la piste d'un financement politique, l'élu socialiste a assuré n'avoir bénéficié d'« aucun enrichissement (ni) d'aucune malversation ». Lui et ses deux proches auraient justifié ces versements par des prêts à des périodes où il rencontrait des difficultés financières. « Je ne suis pas un irresponsable dépensier, je ne suis en rien un homme qui vit dans la luxure », s'est défendu Julien Dray au cours de son audition fin juin à la brigade financière.