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Il n’a pas fallu attendre l’ouverture du procès Clearstream pour que survienne le premier coup de théâtre. Devant la porte du tribunal, Dominique de Villepin a lancé la première charge contre Nicolas Sarkozy. Entouré de sa femme et de ses enfants, l’ex-Premier ministre, principal prévenu, s’est posé en accusateur. « Je suis ici par la volonté d’un homme, je suis ici par l’acharnement d’un homme, Nicolas Sarkozy, qui est aussi président de la République française », a-t-il martelé.
Outrance verbale contre rage froide
Ces propos d’une violence jamais atteinte donnent le ton de ce que devrait être ce procès. Un duel où le tribun Villepin joue l’opinion, dénonçant à l’envi un « procès politique ». Les rares élus qui le soutiennent encore ne redoutent-ils pas de lui voir réserver le sort d’un Soljenitsyne, dissident russe envoyé au goulag ? A l’outrance verbale répond la rage froide d’un Sarkozy déterminé depuis le début à « pendre à un croc de boucher » son rival politique.
Il n’était qu’à écouter hier la brève réplique de l’avocat du président, qualifiant « d’injurieux » les propos de Villepin, pour imaginer la contre-offensive que Sarkozy et ses conseillers vont mettre en œuvre.
En passant si vite à l’offensive, Dominique de Villepin joue gros. Ses accusations d’hier l’obligent à mettre en pièces les charges qui pèsent sur lui dans le dossier des juges, mais aussi à donner les preuves de ses accusations. A la barre, il ne pourra se contenter d’une déclaration solennelle et médiatique. Qu’il soit condamné, même à une peine symbolique, et son ambition pour la présidentielle de 2012 s’envolerait. Mais s’il sort blanchi, son statut de victime conforterait sa posture d’opposant numéro 1 à Sarkozy.
Mais le président aussi joue une partie délicate. En choisissant de rester partie civile une fois élu à l’Elysée, Sarkozy a pris le risque de voir l’affaire se retourner contre lui. Un effet boomerang que redoute un ténor de l’UMP, soulignant qu’au procès « les mots de la haine entre personnalités du même camp vont ressortir, et les gens n’aiment pas cela ». Enfin, en étant partie civile, reste-t-il, comme le stipule la Constitution, « le garant de l’indépendance de la justice » ?
http://www.leparisien.fr/politique/clearstream-la-charge-de-villepin-contre-sarkozy-22-09-2009-647143.php