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Lahoud : « Je connais très bien sa belle-sœur »
« Connaissez-vous Dominique de Villepin ? », questionne M e Thierry Herzog, conseil de Nicolas Sarkozy. « Oui », répond Imad Lahoud. « C’est-à-dire ? », s’enquiert malicieusement l’avocat. « Je connais très bien sa belle-sœur, Delphine, avec laquelle j’avais des relations de voisinage. J’ai rencontré Dominique de Villepin par son intermédiaire en 2005. Je l’ai tu pendant l’instruction, je voulais protéger MM. de Villepin et Gergorin, mais c’est vrai. »
Lahoud confie d’emblée toute son « admiration » pour l’homme politique, puis évoque leur rencontre chez la belle-soeur à Paris. « Un endroit rassurant, c’était en milieu de journée, relate le prévenu. A cette époque, je ne voulais pas prendre pour tout le monde, j’avais eu des menaces. J’ai dit à M. de Villepin que j’étais excédé, que je voulais tout dire au juge d’Huy. Il (NDLR : Dominique de Villepin) m’a dit que je devais tenir, que la vérité triomphera, que ce que j’avais fait, sous les ordres de Gergorin , était bien pour la France… »
A qui fait-il allusion précisément ? Mystère. Imad Lahoud s’arrête là. Son récit ressemble à une mise en cause de Dominique de Villepin, mais ça reste flou. Questionné par le président Pauthe, l’ex-Premier ministre déclare avec gravité : « Je n’ai jamais rencontré M. Imad Lahoud. » L’un de ses avocats, M e Olivier Metzner, contre-attaque. Il se fait astucieusement confirmer par Lahoud sa quinzaine de rendez-vous avec… François Pérol, proche de Nicolas Sarkozy, en 2004 et 2005.
Gergorin :«Je ne peux que démentir en bloc »
Plus tôt dans l’après-midi, Imad Lahoud, 41 ans, avait déjà livré au tribunal une énième version sur son rôle dans cette affaire. Il a déclaré qu’il n’avait pas « fabriqué les listings Clearstream » puis précisé qu’il avait ajouté les pseudonymes désignant Nicolas Sarkozy, à la « demande expresse » de Jean-Louis Gergorin, son complice présumé. Comment ? En recopiant un modèle tendu par Gergorin sur l’ordinateur de ce dernier. Quand ? En mars 2004. Où ? Au ministère de l’Intérieur. En présence de qui ? De Gergorin et d’Yves Bertrand, alors patron des Renseignements généraux.
Cette version, Lahoud l’a déjà relatée dans la presse, fin 2008. Hier, il l’a répété à la barre d’un ton solennel. « Tout ceci est extravagant, je ne peux que démentir en bloc, notamment cette scène grand-guignolesque avec M. Bertrand », réagit alors Jean-Louis Gergorin.
A l’écouter, il a agi sur ordre de Gergorin, son protecteur dont il est devenu « la chose ». Calme, Gergorin balaie ces accusations. « C’est totalement absurde, dit-il. Je serais la source de M. Lahoud. C’est parfaitement grotesque. » Parfois confus, mais plus crédible, Gergorin raconte comment il a accordé « une confiance excessive ». « J’ai péché, je regrette tous les jours les erreurs de jugement que j’ai faites », conclut le corbeau devenu « pigeon ».
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