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Emplois fictifs : Chirac va savoir

Son nom est revenu avec insistance dans l'actualité judiciaire ces derniers jours. Absent - très remarqué par certains - du procès Clearstream, mis en cause par Charles Pasqua dans la sulfureuse affaire de l'Angolagate - qui vient d'être jugée en première instance - Jacques Chirac, qui prépare actuellement la sortie de ses mémoires, va, toujours au rayon judicaire, connaître vendredi une journée cruciale. L'ancien chef de l'Etat est en effet soupçonné de détournement de fonds dans l'affaire connue sous le nom des "chargés de mission de la mairie de Paris". Du temps où il était l'édile de la capitale (1977-1995), le co-fondateur du RPR aurait permis, dans les années 1980-1990, la création d'une trentaine d'emplois fictifs. Parmi les bénéficiaires de ce système présumé, on trouverait des proches de gaullistes convaincus ou des élus et militants chiraquiens de Corrèze, fief de l'ex-locataire de l'Elysée.

"Abracadabrantesques"

Ouverte en 1999, l'enquête a connu de nombreux rebondissements. Par une décision du conseil constitutionnel - contesté par l'opposition - puis par un arrêt de la Cour de cassation, Jacques Chirac s'était vu accorder une immunité pénale en sa qualité de président de la République en exercice. Ne pouvant être entendu par les juges d'instruction - même en tant que témoin - le chef de l'Etat avait profité d'un entretien télévisé pour livrer son sentiment, non seulement sur cette affaire, mais sur toutes celles qui l'ont "accompagné" tout au long de ses mandats à la mairie de Paris (lire encadré). Les jugeant "abracadabrantesques", l'ancien chef de l'Etat avaient promis qu'elles feraient "pschitt". Nombre d'entre elles l'ont effectivement fait. Pas celle des "chargés de mission de la marie de Paris" qui court encore et dont l'interruption ou la poursuite repose désormais entre les mains de la juge d'instruction Xavière Simeoni.

Vendredi, donc, la magistrate doit rendre son ordonnance, avant de quitter son poste pour d'autres fonctions. Elle pourrait alors renvoyer Jacques Chirac devant un tribunal, ce qui constituerait une première pour un ancien président de la République française. En novembre 2007, Xavière Simeoni avait déjà frappé un grand coup en le mettant en examen avant de l'interroger de longues heures. L'homme de la dissolution de 1997 avait alors assumé ces embauches controversées, mais avait nié toute malversation. Fin septembre, le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, avait requis un non-lieu à son profit, mais également pour la quarantaine d'autres personnes mises en examen, dont quatre de ses anciens directeurs de cabinet à l'Hôtel de Ville - Robert Pandraud, Daniel Naftalski, Michel Roussin et Rémy Chardon.

Techniquement, si Xavière Simeoni décide de ne pas classer l'affaire, elle pourra la renvoyer soit devant le tribunal correctionnel - pour détournement de fonds - soit devant la cour d'assises - pour "faux en écriture par personne dépositaire de l'autorité". Dans tous les cas, le dernier mot devrait revenir à la chambre d'instruction. La mairie de Paris, partie civile dans ce dossier, aura en effet la possibilité de faire appel d'un abandon éventuel des poursuites et le parquet, lui, d'un renvoi. Autant dire que le nom de Jacques Chirac n'a pas encore fini de circuler dans l'actualité judiciaire.

http://www.lejdd.fr/Societe/Justice/Actualite/Emplois-fictifs-Chirac-va-savoir-146049/

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