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Le comité Balladur a adopté mercredi vingt propositions hardies de réforme de l'organisation territoriale française, mais trois mesures majeures, dont la création d'un Grand Paris, ont été rejetées par ses membres de gauche.
Il prône une diminution du nombre de régions, une élection commune pour conseillers régionaux et départementaux, la suppression des cantons, un statut propre pour grandes métropoles.
Si les communes gardent leur faculté d'intervenir sur tout, départements et régions se spécialiseraient.
Mais déjà, un des innovations les plus décoiffantes retenues par les onze sages - "favoriser" le passage de 22 régions métropolitaines à une quinzaine - a suscité une levée de bouclier de collectivités redoutant d'être avalées par un voisin: Picardie, Auvergne, Rhône-Alpes...
La majorité des mesures ont recueilli l'unanimité du comité, mais la gauche a refusé de cautionner le point essentiel du "Grand Paris".
Cette réforme fusionnerait la capitale et sa petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne). Soit 6 millions d'habitants.
La réponse est "inadaptée", selon le maire PS de Paris Bertrand Delanoë qui met en garde contre une cassure entre petite et grande couronne d'Ile-de-france.
Autre désaccord à gauche (qui contrôle 20 régions de métropole sur 22): des élus communs aux départements et régions.
Façon, plaide le sénateur UMP Gérard Longuet, d'éviter les "guerres de harcèlement entre collectivités". "Le conseil général est trop près de son clocher et le conseiller régional trop loin de ses électeurs", tranche-t-il.
Mais, soutient Elisabeth Guigou, une telle réforme "priverait les élus départementaux des relations de proximité".
Méfiance de la gauche également quant à la suppression des cantons, selon une source gouvernementale.
M. Balladur, qui salue la "liberté d'esprit" de son comité, a prévu une place dans son rapport pour les arguments de ceux qui refusent certaines réformes.